La Closerie des Lilas, Paris n’est pas toujours une fête…

Un déjeuner à la Close, interminable, mais pourquoi tant d’attente ? Plus d’une heure entre la commande et le service de la première assiette! Une foule de serveurs qui tournent en rond… Mais le pire, c’était encore la table voisine. Quatre cathos intégristes à côté desquels Christine Boutin serait passée pour une rock star décadente! Je suis restée sidérée par les conversations, histoires de Marie et Joseph, missions sur terre. Je les imaginais s’enchaîner dans les hôpitaux contre l’avortement. Renaud n’était pas là, tatatiiiinnn, sinon je serais aller le chercher en renfort pour faire déguerpir ces moyen-âgeux. Je n’en reviens pas. Oui, ça existe. Et ça relève de la psychiatrie lourde. Autant vous dire que l’attente du plat a paru insoutenable, et de fait, elle l’était. Un souci en cuisine ? Mais non, les assiettes arrivent, nous répondaient les serveurs toutes les dix minutes. Quand je pense que Zola, Cezanne, étaient des habitués, avant Verlaine, Apollinaire, poètes et peintres du bateau-lavoir, ont fait la légende de ce point d’ancrage du Montparnasse artiste et intellectuel.Même Lenine venait ici jouer aux échecs (et oui, et mat pour le coup…). J’imagine Hermingway, Fitzgerald et Miller, et j’entends à côté des propos à vomir. Quelques années plus tard, Sartre, Beauvoir ! Et combien de chansons griffonnées ici par Renaud, RodaGil et David McNeil? Si vous ne l’avez pas encore lu, ouvrez ce petit livre pudique et émouvant de David McNeil, « Quelques pas dans les pas d’un ange », souvenirs d’une enfance auprès de son père, quel père, Chagall… Et puis lisez aussi « Tangage et Roulis » (rock and roll!!!) où il raconte comment Renaud, Charlebois et lui ont pris l’avion, envoyés par leurs femmes respectives, en cure de désintoxication au Canada!!! Les assiettes arrivent. Nous sommes au restaurant gastronomique, il y a aussi une partie café et brasserie. Certes, le lieu est agréable, verrière arborée, patio, déco désuète des grands cafés historiques un peu cracra, serveurs en nœud pap noir et blanc. Accueil plutôt aimable. Mais les assiettes… Tant d’attente pour une « sole en vapeur d’algues et crème d’oursins » qui arrive tiédasse. Franchement, on dirait un plat sous vide réchauffé. J’exagère ? Allez, un plat de traiteur (et je ne parle pas des Lenôtre, Dalloyau et Potel&Chabot qui réussissent une cuisine raffinée). Un boudin de sole (ou autre, compactés et archi cuits, tous les poissons se ressemblent, non?) enroulé dans des algues et une crème d’oursins un peu croutée sur le dessus, réchauffée donc… J’ai pourtant lu de bonnes critiques, est-ce la magie du lieu, pourtant bien atténuée, qui opère et fait oublier quelques repères ? Aurait-t’il fallu choisir le très classique filet de bœuf Hermingway flambé? Les crêpes suzette? En dessert, les profiteroles se résument à une boule de glace vanille industrielle dans un chou décongelé mou et élastique, qu’il faut noyer sous la sauce au chocolat chaude servie en pot. Avec le café, un mini financier pas fondant du tout. L’addition? Parlons-en pour une fois. Deux soles, deux profiteroles, deux cafés, une bouteille d’eau, 140€. Mon acolyte, en soupirant : « oui, je sais, tu vas encore me dire qu’à Paris, quand tu vois un décor bel époque et des serveurs en noir et blanc, prend tes jambes à ton cou ». Et oui, je le répète. Et au fait, à la table voisine, pas de dessert, ça doit être péché la gourmandise, comme ils disent. 

La Closerie des Lilas, 171 bd du Montparnasse, Paris

  
   
    
    
   

Publicités

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s