Automne au Martinez, hôtel mythique à Cannes

Nous avions déjà parlé ici de l’hôtel Martinez à Cannes, icône de la Croisette, et de son projet de rénovation pour renouer avec l’esprit Riviera et l’art de vivre qui a forgé son identité de palace balnéaire. Le design intérieur des chambres a été confié à l’architecte Pierre-Yves Rochon. Le choix d’une atmosphère croisière et d’une dominante de laques blanches est une invitation à prendre le temps de vivre le temps d’une traversée en mer. On se sent comme sur un paquebot luxueux. Je n’imaginais pas, en découvrant les chambres aux tons doux bleus-gris et blancs, l’effet magique apaisant : à peine passée l’entrée en marbre Terrazzo, le temps ralentit, le rythme s’alanguit, une parenthèse de sérénité. Je n’ai jamais ressenti un tel effet dans d’autres hôtels tout aussi luxueux : généralement les nuances beiges neutres dominent. Ici, tous les détails sont d’une infinie délicatesse, comme le corail blanc qui décore l’espace de travail laqué. Bien sûr, le Martinez, certifié GreenGlobe au plus haut niveau d’exigence responsable et écologique, n’a pas contribué à la destruction des barrières de corail : ce sont là des pièces d’un ensemble qui a du être retiré dans une marina de passage. En tous cas, on se prend à savourer le moment intensément, à regarder la mer longtemps, les nuances de feu des levers et couchers de soleil d’automne à Cannes sont splendides. On marche sur la Croisette et on se régénère à l’air marin avant de regagner sa suite comme une cabine de bateau. Ce design intérieur est un choix de l’hôtel qui a pensé au bien être de ses hôtes avant tout puisqu’il est bien évident que les matières et couleurs sont extrêmement délicates et leur entretien n’est pas des plus aisés… Cela nécessite des remplacements réguliers. Mais le parti pris n’est pas celui de la durée : il est d’offrir une parenthèse raffinée aux hôtes. Pour ce qui est des préoccupations féminines, j’ai apprécié le dressing qui est une petite pièce en soi avec des commodités conçues dans les moindres détails, rangements séparés, miroirs, éclairage intelligent. La salle de bains est spacieuse et immaculée, avec toilettes séparées. Les produits d’accueil ont été spécialement créés pour l’hôtel sous la griffe 73 Croisette. On peut s’endormir paisiblement, la literie est d’un moelleux… et l’éclairage de la chambre est modulable pour plusieurs types d’ambiance. Au réveil le nécessaire est à disposition pour se préparer un premier thé ou café mais je n’ai pas résisté au buffet de petit déjeuner foisonnant, à apprécier dans la salle intérieure ou en terrasse. Au printemps prochain, la terrasse prendra les airs d’un jardin méditerranéen luxuriant avec palmiers et citronniers notamment. In oasis pour déguster fruits, pains, pancakes, omelettes au soleil levant. Et bien sûr l’incontournable Palme d’Or du chef Christian Sinicropi dont nous parlons souvent ici : c’est simple, l’expérience est toujours inédite au gré des créations d’un chef qui compose à la manière de l’artiste plasticien qu’il est avant tout. Les propositions d’automnes étaient empreintes des saveurs de saison : poulpe grillé en robe des champs et agneau en vert de blettes, deux plats aux notes fumées et cuissons d’une absolue précision. La tarte choco sardine est étonnante, détonante, nous déroute par un abord visuel qui est celui d’une tartelette au chocolat noir intense onctueux… mais le facétieux chef s’amuse toujours à nous jouer des tours en tous nos sens : les papilles et les yeux sont intrigués : y a-t’il réellement du chocolat dans cette tarte choco sardine? Ou dans sa version choco pigeon ou choco végétal ? Je ne vais pas dévoiler tous les mystères… Un mouvement végétal nous a aussi enchantés par ses jeux de textures et ses superpositions de saveurs : Potiron comme un ravioli en jeu de textures et enveloppé par les notes torréfiées d’une sauce noisette pour commencer. Puis une sacrée claque avec le suivant : Il faut s’imaginer dans un sous-bois humide après l’orage et on retrouve les unes après les autres toutes les saveurs de l’humus nourricier jusqu’aux champignons qui développent leurs notes végétales et boisées, fumées : une folie ! Avec la touche vanillée et suave de la figue… Il faut entendre le chef raconter les fulgurances de cette création qui s’élabore d’abord dans l’esprit qui recrée les sensations d’un paysage. Et les secrets du travail qui ensuite en transpose l’essence dans l’assiette. Poser ses couverts et fermer les yeux. Final en puissance avec les gnocchis et le fameux civet végétal signature du chef. Les desserts de Julien Ochando toujours délicats : une gourmande tropezienne tout choco ou une variation en chauds froids potimarron / orange qui associe à merveille la douceur et la légère amertume qui la réveille. Et maintenant, le Martinez ferme ses portes, aujourd’hui 30 octobre, avant une vente aux enchères de son mobilier demain au profit d’une association de protection de l’enfance cannoise, Le Rayon de Soleil. Même le bar mythique de l’Amiral, en boiseries, fait partie des lots. C’est aussi une des raisons qui fait que l’on apprécie le groupe Hyatt dont le Martinez fait partie : l’engagement social et caritatif qui fait partie de son identité. 

Il va falloir patienter jusqu’au printemps et aucun doute : les stars du prochain festival seront conquis par le renouveau de leur Martinez ! Entre temps, peut-être quelques occasions de découvrir ou redécouvrir la gastronomie artistique du chef Sinicropi (dîners prévus au Hyatt Churchill à Londres autour du 7 novembre – infos sur le site de l’hôtel Hyatt Regency The Churchill).

Martinez Cannes Grand Hyatt Site Web




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